09Déc
09 décembre 2025

Dès l’introduction de cet évènement très attendu et marqué par la présence de Sébastien Martin, ministre délégué chargé de l’Industrie, Emmanuel de Laage, président du SCMF, a rappelé que le colloque Ambition France Acier Construction était né d’une conviction partagée par tous les acteurs de la filière acier, la construction métallique est un pilier stratégique de notre souveraineté industrielle et territoriale.

« Dans un monde fragmenté, traversé par des tensions géopolitiques, une concurrence internationale féroce et un impératif de décarbonation majeur, notre filière prend la parole pour assumer notre ambition : faire entendre une voix collective, claire, exigeante et responsable. » Et de poursuivre : « La construction métallique représente des milliers d’emplois, des savoir-faire uniques, une capacité d’innovation et un ancrage territorial sans équivalent. La construction métallique est omniprésente : des bâtiments industriels et logistiques en passant par les équipements publics, qu’il s’agisse de constructions neuves comme de reconstructions ou réhabilitations, elle incarne l’innovation architecturale et répond aux objectifs de transition bas-carbone. Le SCMF s’engage aujourd’hui avec force pour défendre un modèle industriel structuré et cohérent, pour créer des passerelles entre amont et aval et, enfin, pour bâtir une coalition large, robuste et durable. »

Hervé Gastaud, délégué général du SCMF, a mis en avant les trois objectifs de cette matinée illustrant toute la dynamique du projet stratégique du SCMF : France Métallique. Si le premier se base sur le besoin du partage d’un diagnostic au travers des chiffres de l’acier en France, des données de l’industrie française de la construction métallique ainsi qu’un état des lieux des compétences et formations, le deuxième se cristallise par la volonté de mettre autour de la table l’ensemble de la chaîne de valeur avec une ambition, un langage et un agenda communs. Le troisième objectif est de faire émerger une ambition politique collective puisque « la question n’est plus seulement technique, elle concerne la compétitivité, la souveraineté, la régulation internationale ainsi qu’une vision industrielle de la France et de l’Europe ».

Afin de poser les bases d’une réflexion commune, un panorama de toute la filière acier a ensuite été établi. En premier lieu, Bruno Jacquemin, délégué général d’A3M, Alliance des Minerais, Minéraux et Métaux, a dressé la situation, en Europe et dans le monde, de l’amont de la filière acier, de l’extraction des métaux à la sidérurgie.

Philippe Hostaléry, directeur général du CTICM, le Centre technique industriel de la construction métallique, a dans la foulée livré une présentation chiffrée de l’industrie de la construction métallique en France, secteur en aval de l’extraction des métaux et de la sidérurgie. Ces deux interventions ont permis de constater et confirmer l’importance de l’ensemble de la filière acier au sein de notre économie.

Sébastien Durif, enseignant à Polytech Clermont s’est alors fait porte-parole des étudiants et de leurs aspirations, notamment celles concernant une construction durable, respectueuse de l’environnement. Les formations actuelles s’adaptent aux nouvelles exigences et seront bien évidemment en première ligne pour bâtir le monde du futur. Pour construire notre souveraineté industrielle, la France aura besoin de femmes et d’hommes formés aux nouveaux enjeux impactant la filière acier.

Fabien Gantois, vice-président du CNOA, Conseil national de l’ordre des architectes, a quant à lui souligné les deux principales opportunités de la filière « construction métallique » :

La construction hors site : elle permet d’améliorer les conditions de travail, de réduire les nuisances pour les riverains, de réaliser des constructions bas-carbone, d’optimiser les coûts et le temps des projets, et d’améliorer la qualité des constructions, le tout en tenant compte des enjeux contemporains (filières locales, recyclage des matériaux et développement responsable des territoires).

En matière de narratif hors site et de réemploi, la filière acier doit rattraper son retard afin d’accroitre sa légitimité vis-à-vis des autres matériaux de construction.

Le colloque a ensuite fait place à deux tables rondes riches en enseignements :

Une table-ronde filière / donneurs d’ordre « Unir nos forces : vers une Ambition France Acier Construction partagée pour la souveraineté industrielle et territoriale »,

Une table-ronde perspectives politiques « Construction métallique et Ambition Acier : enjeux et opportunités politiques au service d’une souveraineté industrielle renouvelée ».

Afin de partager leurs points de vue et réflexions, sont également intervenus lors du colloque :

Clarisse Maillet, présidente section Industrie de la CPME et présidente de CPME 71,

Christophe Bonhomme, représentant de la FFB, que nous remercions pour avoir accueilli cet évènement,

Roger Briand, président d’honneur du SCMF, et vice-président du Groupe Briand, Thierry Crosnier, directeur général de l’entreprise Baudin Chateauneuf,

Benjamin Frugier, délégué général de la Fédération des industries mécaniques – Mécalians.

Le ministre délégué en charge de l’Industrie, Sébastien Martin, après avoir remercié les constructeurs métalliques dès son introduction en déclarant : « Vous êtes au cœur de notre souveraineté industrielle », a entre autres rappelé être favorable à l’assouplissement de la loi ZAN afin de faciliter et accélérer l’accès au foncier des entreprises.

Sur la surcapacité sidérurgique chinoise, il a suggéré de « mettre en place des clauses de sauvegarde de l’acier européen tout en évitant les chances de contournements », ajoutant que le sujet était complexe et ne se résoudrait pas avec une série de décrets.

En introduction de l’évènement, Emmanuel de Laage, président du SCMF, déclarait : « Pourtant, notre rôle est trop souvent invisible, trop souvent méconnu, trop souvent absent des politiques publiques. Ce matin, nous corrigeons cela. »

Mission réussie, le colloque France Ambition Acier Construction, qui a réuni plus d’une centaine de personnes, a permis non seulement de fédérer tous les acteurs de la chaîne de valeur de l’acier (fabricants, constructeurs métalliques, fédérations et organisations professionnelles, donneurs d’ordre, architectes, …) autour d’un objectif commun mais également d’interpeller les décideurs.



Crédits photos - Hélène Antonetti, SCMF