02Avr
02 avril 2026

Le baromètre industriel de l’État est un indicateur coordonné et élaboré par la Direction générale des Entreprises (DGE), dont l’objectif est de mesurer de manière semestrielle l’évolution de la réindustrialisation en France. Les ouvertures et extensions significatives ainsi que les fermetures et réductions significatives sont comptabilisées sur la base de l’effectivité, à savoir dès la première ou la dernière production sortie de l’usine.

Cette étude nous indique qu’avec un solde positif de +19 en 2025, la France poursuit une dynamique où les ouvertures et extensions d’usines demeurent supérieures aux fermetures. Mais d’autres analyses détaillées font ressortir certaines tendances de fond inquiétantes concernant l’industrie française.

Un indicateur certes positif…

Il additionne ouvertures et extensions, gonflant artificiellement la dynamique, or étendre une usine n’est pas créer une nouvelle capacité industrielle complète. Nous pouvons parler d’un effet d’affichage statistique qui masque un affaiblissement réel.

… Mais très discutable

Le gouvernement (Bercy) reste prudemment optimiste mais certaines analyses (cabinet Trendeo) font ressortir un solde négatif (-63) pour les seules créations en 2025, chiffre qui n’avait plus été atteint depuis 2013. Même en tenant compte d’un solde net de 19 ouvertures et d’extensions de sites industriels en 2025, c’est 4,5 fois moins que l’année précédente (88).

Nicolas Dufourcq (Bpifrance) parle d’effet plateau. Nous sommes en effet dans une situation où après une phase de progression post-Covid, la dynamique ralentit fortement puis se stabilise sans continuer à croître. La réindustrialisation de la France « est sur un plateau » mais « il faut de plus en plus d’efforts » pour s’y maintenir.

De inégalités selon les secteurs

Dans le détail, le baromètre du ministère de l’Économie fait état de grosses différences selon les secteurs d’activité. En effet, l’industrie verte (+26), la défense, l’aéronautique, le spatial (+19) et l’électronique (+12) se portent bien. En revanche, le secteur des transports en perd 14, la chimie en perd 8, tout comme l’industrie mécanique. Le secteur de la métallurgie compte aussi un solde négatif (-6). 

Un contexte international sous tension

Le baromètre précise également que 150 usines sont en cours de création pour 2026, soutenues par le crédit impôt pour l’industrie verte, l’appel à projets « Première usine » du plan d’investissement France 2030, ou annoncées dans les dernières éditions de Choose France ». En revanche, « la dégradation du contexte international pèse fortement sur la dynamique des fermetures d’usines » avec une concurrence internationale accrue, marquée par l’essor de surcapacités asiatiques, l’instauration de droits de douane par les États-Unis et la hausse des prix de l’énergie qui affecte la compétitivité des industriels français.

Face à cette situation, l’État continue de soutenir l’industrie française à l’échelon national via ses dispositifs de financement et « intensifie son action » au niveau européen en faveur du soutien à la compétitivité, notamment par la défense de la préférence européenne, la simplification des procédures ou encore le renforcement du MACF (mécanisme d’ajustement carbone aux frontières).

Alors certes, la réindustrialisation française ne s’arrête pas mais elle ralentit nettement, devient plus fragile et dépend davantage des politiques publiques et de quelques secteurs clés. Nous pensons au SCMF que l’industrie de la construction métallique en est un.

La construction métallique, un rôle central dans la transition écologique

Contrairement aux idées reçues, l’acier est 100 % recyclable et réutilisable. Les structures métalliques sont démontables, adaptables et durables. De plus, les nouvelles normes poussent vers un acier bas-carbone.

Un secteur clé pour l’économie et l’industrie, stratégique face aux enjeux actuels

Dans un contexte de tensions internationales, relocalisations industrielles et besoins accrus en infrastructures, la construction métallique est indispensable pour l’industrie de la défense, l’aéronautique, les énergies renouvelables. Elle est également essentielle pour la réalisation de bâtiments (usines, entrepôts, bureaux) et des infrastructures nationales (ponts, stades, réseaux), fait travailler toute une chaîne industrielle (acier, ingénierie, fabrication, montage) et contribue à la réindustrialisation en soutenant une production locale.

Des difficultés réelles à prendre en compte, une industrie à soutenir

L’industrie de la construction métallique est aujourd’hui fragilisée par la concurrence internationale (notamment asiatique), le coût élevé de l’énergie et la hausse du prix des matières premières. Défendre l’industrie de construction métallique, ce n’est pas défendre un secteur du passé mais un pilier de l’industrie moderne et des infrastructures, un acteur clé de la transition écologique. C’est par dessus tout préserver la souveraineté industrielle française et l’innovation.

Télécharger le baromètre industriel de l'État