Après les immenses dégâts humains et matériels dus au passage du cyclone Chido à Mayotte, l’archipel a d’abord dû penser ses plaies et répondre aux urgences. Il s’agit dorénavant de préparer les projets à venir et de mettre en place une organisation structurée pour faire face aux immenses besoins et défis liés à la reconstruction. Les priorités, (re)construire rapidement, plus solide, plus durable mais aussi former les acteurs locaux qui s’emploieront à la reconstruction de l’archipel.
Pilotée par Hervé Gastaud, Délégué Général du SCMF, une délégation s’est rendue sur place afin d’apporter tout son soutien et proposer des solutions adaptées, utiles, pertinentes et cohérentes. Notons que certains constructeurs métalliques, membres du SCMF, sont déjà sur place et à l’œuvre, participant activement à la reconstruction de l’archipel.
Dès son arrivée, la délégation a échangé avec le président de la Confédération des petites et moyennes entreprises (CPME Mayotte). Se sont enchainées ensuite de nombreuses visites et découvertes :
• Siège social de la SIM (société immobilière de Mayotte) à Mamoudzou, dont près de la moitié du parc a été touché par le cyclone,
• Usine ACBTP (Kawéni), fabricant de briques en terre compressée, matériau emblématique à Mayotte,
• Chantier de logements,
• Collège de Bouéni,
• Pôle logistique Ucoopam Mayotte & AVM Mayotte,
• Chantier du Lycée des Métiers du Bâtiment de Longoni, avec le ministère des Outre-mer, l’EPRD et la FMBTP,
• Pont-passerelle Bouyouni N1, un ouvrage réalisé par la société Berthold (groupe Baudin Chateauneuf), spécialisée notamment dans les ouvrages d’art métalliques,
• Un entrepôt réalisé par l’entreprise Castel & Fromaget (groupe Fayat),
• Un pont/passerelle piétonne du projet Caribus à M’Tsapéré et sa charpente métallique réalisée par CANCÉ Constructeur métallique,
• Office du tourisme Hamouro Communauté de Communes du Sud de Mayotte (CCSud).
Bien évidemment, de nombreux échanges ont émaillé cette semaine à Mayotte comme la participation à une table ronde avec le Conseil national de l’ordre des architectes (CNOA) où ont été menées des réflexions autour de la reconstruction et du développement de l’île face au changement climatique et autres risques. Ou encore la rencontre du président de l’Association des maires de Mayotte, son directeur général et à travers eux l’ensemble des élus du territoire. A chaque fois un objectif commun, réaliser rapidement la reconstruction des équipements publics (écoles notamment) au moyen d’un process industrialisé créateur d’emplois locaux. D’autres sujets d’importance ont également été abordés comme celui de la gestion des déchets.
L’acier, matériau d’une reconstruction rapide, durable, écologique et efficace
A travers ces visites et découvertes de bâtiments (entrepôts, logements), ouvrages d’art (ponts et passerelles métalliques), équipements publics déjà livrés ou en cours de réalisation, la pertinence des solutions acier pour une reconstruction rapide, durable, résiliente, respectueuse des savoir-faire et du tissu économique local est apparue comme une évidence, notamment pour la reconstruction rapide d’équipements publics (110 écoles sont à reconstruire à Mayotte).
Avec le matériau acier, la construction hors-site, durable, permet également une fabrication industrialisée, une logistique efficace, un montage rapide. Dans un territoire ou l’eau potable est une denrée rare, les chantiers « béton » peuvent prendre beaucoup de retard. Le bois est également sujet aux attaques de termites, nombreuses, ce qui pourrait limiter la durée de vie de certains ouvrages.
Filière sèche, la filière acier a toute sa place compte tenu de ses nombreux avantages et des réalisations, expériences déjà probantes sur l’archipel de Mayotte.
• L’acier s’est montré à la hauteur pour rétablir des connexions interrompues (ponts, passerelles) avec comme exemple des profilés de 46 m posés en une seule opération (76 tonnes) pour le pont-passerelle Bouyouni N1. Une grande portée et une installation rapide. Autre réalisation, le pont/passerelle piétonne du projet Caribus à M’Tsapéré, 45 m x 4 m et une charpente métallique réalisée par Cancé Constructeur métallique.
• Montée sur pilotis en 15 jours, la charpente acier a également été le moteur de la construction du collège Bouéni , bâtiment bioclimatique bénéficiant d’une ventilation naturelle (architecture passive), d’une gestion des eaux pluviales en surface évitant l’obstruction et/ou la destruction des réseaux en cas de forte pluie et de séisme et résistant aux efforts sismiques.
• L’acier est encore le matériau de la mixité à Mayotte, il est présent au cœur de nombreux projets et réalisations, logements sociaux, bâtiment mixte acier-brique de terre compressée avec le siège social de la SIM à Mamoudzou, déjà opérationnel.
• Il est encore présent dans un mix acier-béton avec cet entrepôt charpente métallique et voiles béton réalisé par Castel & Fromaget (groupe Fayat), bâtiment conçu pour accueillir à la fois un espace de stockage et des bureaux ou encore dans un mix acier-brique de terre compressée-bois sur le chantier du Lycée des Métiers du Bâtiment de Longoni, profitant d’une approche low-tech (sans climatisation) et dont la métallerie a été réalisée par l’entreprise CANCÉ Constructeur métallique.
Continuons ensemble notre mobilisation pour Mayotte, la filière prouve déjà son efficacité sur le terrain, relève les défis et bâtit l’avenir du territoire. Avec des formations courtes, les solutions acier deviennent, après apprentissage, rapides à mettre en œuvre (montage rapide), reproductibles et adaptées aux PME locales.
Merci à toute la délégation acier qui a fait de ce séjour à Mayotte une expérience utile au service des territoires. La délégation acier était composée de Duy Nhuong H., Christophe Mehats, Cyril Bergot, David Locatelli, Nicolas Meiffre et pilotée par M. Hervé Gastaud, délégué général du Syndicat de la construction métallique de France (SCMF).




